LA CHRONIQUE DE CHRIS ROCKS RELEASE PREVIEW - SORTIE LE 15 NOVEMBRE 2022
Lorsqu'un groupe rencontre le succès, la plupart du temps, c'est qu'il a trouvé le "son" qui va le distinguer du reste de la meute… Cette marque de fabrique va constituer l'ADN du groupe. Ce peut être une bénédiction comme une malédiction. Une bénédiction car cela lui permet de marquer durablement les esprits. Une malédiction car la créativité des artistes peut se sentir à l'étroit dans une  sorte de carcan musical.   Dans ce cas de figure, en dehors des albums solo, le challenge pour les musiciens, est de trouver un équilibre entre leur satisfaction personnelle, leurs envies légitimes d'explorer et d'évoluer et celle des fans qui peuvent se montrer "réactionnaires" ou conservateurs, le fameux "c'était mieux avant "…  Certains groupes y parviennent, d'autres perdent ou déçoivent petit à petit leurs fans à force de virages musicaux ou de renoncement à leur ADN musical.   Autant le dire tout de suite, Moho et Vivi ont réussi le challenge haut la main ! Ils ont produit un album qui s'inscrit dans son temps sans trahir l'ADN musical qui a fait leur succès avec Bernie et sa bande.   Car il faut rendre à Caesar ce qui lui appartient... Moho et Vivi ont (aussi) participé à forger le son légendaire de Trust. En plongeant dans la discographie du groupe, on se rend vite compte que Moho qu'on nous a longtemps présenté comme un simple guitariste rythmique était en réalité un compositeur prolifique et un soliste talentueux auteur de quelques classiques du groupe. Même chose pour Vivi, le discret "bassiste qui fait aussi les chœurs" a laissé son empreinte sur quelques brûlots trustiens. Preuve de son talent, Bernie l'a emmené avec lui dans ses projets solo… Ce n'est pas pour rien.   Ceci étant dit, revenons à 2022 et à ce KOMANDO que j'ai l'insigne honneur de posséder en "preview" avec une centaine de privilégiés.     Tout commence en 2021 avec une idée de réunion des deux complices soufflée par un ami du groupe. Après quelques pérégrinations, c'est finalement sous la forme de MOHOVIVI que le projet aboutit en 2022. Ils jouent, ils produisent, Bruno Brusco est au mixage ...Une affaire de famille, d'amitié et d'authenticité.       9 titres de 3 mn en moyenne, 30 mn au total comme au bon vieux temps du vinyle...Pas de place pour les bavardages, il n'y aura pas de prisonniers !  Tout commence par "Tic Tac" qui remet les pendules à l'heure s'il en était besoin… Une intro tout en douceur et Vivi qui nous saisit aussitôt avec son chant plein de conviction et de hargne rock n' rolliene  sur un tapis de guitares aériennes mais aussi très électriques. Cet album dans sa globalité étant à mon humble avis la meilleure performance vocale de sa carrière (n'oublions pas que c'est comme chanteur que son frère l'a embauché à ses débuts). Un refrain marquant, déjà, et il y en aura d'autres. Car Vivi a ce talent pour en  écrire de ceux qu'on a envie de scander avec lui … Et en français s'il vous plaît, ce qui n'est pas chose facile ! A tel point que je finie par me demander s'il n'en a pas soufflé quelques-uns à Bernie lors de l'âge d'or de Trust ?  L'auditeur a peine remis par cette entrée en matière, les bougres remettent ça avec un titre au groove funkysant irrésistible et aux paroles martiales "Paré à Plonger" à mon avis le premier titre au monde qui parle de sous-marin militaire ! Viennent ensuite les deux titres déjà présentés en guise de teaser . "Game Over" et "Bang Bang Bang". Comme il est officiellement le compositeur de tous les titres, la griffe musicale de Moho est bien présente (des riffs et de l'énergie oui , mais sans oublier le sens mélodique), les arrangements sont brillants et soignés. On sent qu'il y a du métier. Intros en douceur, mur de guitares avec des phrases mélodiques en soutien, rythme soutenu, mais avec le groove, petit break aérien pour laisser souffler l'auditeur avant de lui sauter à nouveau à la gorge avec des solos incandescents. Les tonalités de Satriani ne sont pas loin pour vous donner une idée du niveau. Du grand art.    Message personnel du fan de rock que je suis : Mais Moho, ou étais-tu ??? Le rock français a besoin de toi ! Tu as ta place aux côtés des Krief, Personne, Bertignac et consorts.   Brève parenthèse sur les paroles de "Game Over" que j'adore : " suivre comme un mouton très peu pour moi", "règle du jeu c'est d'être un électron libre", "pas d'ascenseur social je prends l'escalier", on sent le vécu, peut être le titre le plus  autobiographique chez Vivi ? ...fin de la parenthèse.   La face A (je suis de la génération 33T…) se termine par un très solide "Les seigneurs de la nuit", un gros riff bien senti pour une ode électrique aux errances noctambules, un refrain traversé par quelques fulgurances "guitaristiques", sans oublier un très agréable pont acoustique. Rien à jeter.  On passe à la face B et c'est ...La gifle !  (ça ferait un chouette titre de morceau non ?). "C'est pas facile " est mon titre favori. Un morceau nerveux, dynamique, la basse vrombit, le batteur ne nous lâche pas, Moho met le feu une fois de plus sans en faire de trop . Comme dirait Marty ébahit et pulvérisé par la puissance de son ampli dans une scène d'anthologie de Retour vers le futur "Ca c'est du Rock !"    Cet album est une histoire d'amitié je vous disais… On retrouve un autre de leurs potes en la personne de  Bruno Recrosio (BOXER) qui met sa griffe sur les paroles d'Hemingway. Encore un refrain qui fait mouche sur une tuerie rock n' roll (quel solo final !!)          Après toutes ces émotions très électriques, il faut bien entamer la redescente. "Camden Square" calme un peu le jeu pour un hommage inattendu à Amy Winehouse. Un titre enlevé à l'esprit pop sixties revisité. Gage que le duo peut composer en dehors du spectre Hard Rock.   Enfin, puisqu'il faut bien terminer l'opus, "Le Temps Passe" et ses paroles quelques peu nostalgiques qui raisonnerons chez bon nombre d'entre nous vient clore les débats de manière plus cool (mais pourquoi ce fade out qui nous prive de la fin crescendo ???).   Je n'oublie pas les deux autres musiciens Sylvain Laforge à la guitare et Camille Sullet à la batterie, mais j'espère revenir sur le sujet dans un prochain épisode. Car ça joue sévère.   En résumé, les deux complices ont commis une pure décharge de rock n' roll qui tourne en boucle dans mes cages à miel (hello tonton Zézé) .On sent que le duo s'est fait plaisir et ça se ressent ! Ils ont ça dans le sang. MOHOVIVI ce n'est pas du Trust, que les choses soient claires. Mais compte tenu des CV des deux jeunôts (vous marchez à quoi les gars ?), l'ADN du dit groupe est présent et c'est bien normal et légitime !   Pour paraphraser le grand philosophe,  MOHOVIVI "ça prend ta mère !"  Rendez-vous sur la route ! Ne les manquez pas.  Chris Rocks Novembre 2022